Chroniques de Lyon

L'Histoire

Lyon, 1487. Un tailleur de pierre disparaît. Cinq siècles plus tard, ses lettres trouvent enfin leur destinataire. Voici les chapitres connus, et les visages qui peuplent cette quête.

Chapitres
1

L'Héritage

Lyon, 1487. Nadir le Tailleur, le plus grand bâtisseur de la ville, est accusé du vol des Plans du Silence — les cartes secrètes de tous les passages cachés de Lyon. La veille de son procès, il disparaît. On ne retrouve que ses outils et une série de lettres d'amour adressées à une femme mystérieuse. Ces lettres, pleines de métaphores et de descriptions précises, cachent en réalité les indices pour retrouver les Plans qu'il a fragmentés et dispersés.

2

Les Fragments

Aujourd'hui, il y a Thelma. Belle, élégante, toujours à la mode. Scénographe de métier, joueuse de volley, elle est de celles qui s'investissent à fond dans ce qu'elles entreprennent. Curieuse et tenace, quand un mystère l'accroche, elle ne le lâche plus.

Un matin, un notaire lui fait porter une vieille malle. À l'intérieur : la première lettre de Nadir, un fragment de carte, et un carnet d'enquête. Les lettres parlent d'amour, mais décrivent avec une étrange précision des endroits de Lyon. Chaque lettre mène à un nouveau fragment, confié à un ami de la guilde des Bâtisseurs.

3

La Conspiration

Mais Thelma n'est pas seule sur cette piste. Le Contremaître, chef d'une faction rivale, veut aussi les Plans pour contrôler le commerce dans les traboules. Il a semé des faux indices, corrompu certains messages, et surveille chaque pas de Thelma. Certaines enveloppes contiennent des pièges — des indices presque vrais qui mènent à des impasses.

4

Le Dernier Fragment

Au fur et à mesure que les fragments s'assemblent, une vérité émerge : Nadir n'a pas volé les Plans. Il les a protégés. Les Plans du Silence mènent non pas à un trésor d'or, mais aux coordonnées d'un lieu que Nadir appelait 'le Nouveau Monde' — un endroit où l'âme trouve son horizon. Cette destination, c'est la clé du mystère final.

Le Cercle des Bâtisseurs

Ceux qui peuplent cette quête

Apprends à les connaître. Leurs mots, leurs silences, leurs objets. C'est ainsi que tu reconnaîtras leur voix — et repèreras quand quelqu'un essaye de la voler.

Thelma

Lyon, aujourd'hui

Scénographe — la joueuse

Thelma

Scénographe lyonnaise. Joueuse de volley. Gentille, intelligente, curieuse. C'est toi.

Nadir le Tailleur

Lyon, 1487

Maître Bâtisseur

Nadir le Tailleur

Tailleur de pierre de deux toises de haut. Seul homme de Lyon capable de soulever les dalles des portes secrètes des traboules. Disparu dans la nuit du 14 mars 1487 sans laisser d'autre trace que sa masse et un coffret de lettres.

« Une pierre bien posée ne ment jamais. Les hommes, parfois. »

Né dans une famille de paysans des monts du Lyonnais, sa taille hors normes le destinait à la curiosité du voisinage avant de le destiner aux chantiers. La guilde des Bâtisseurs l'a recueilli adolescent. À quinze ans, il taillait déjà ses propres pierres ; à vingt, il dirigeait des traboules entières.

Il ne buvait pas. Pas une goutte de vin, jamais. Il disait que l'alcool "embrouillait la pierre dans la tête" et qu'il avait besoin de ses deux yeux clairs pour voir l'âme d'un bloc avant de la frapper. Sur les chantiers, il commandait de l'eau du puits, parfois du jus de raisin pressé le matin même, et rien d'autre.

Ses amis disent qu'il aimait une femme de qui il n'a jamais osé s'approcher. Il lui écrivait des lettres qu'il n'envoyait pas, où il décrivait Lyon avec une précision géométrique qui n'avait l'air d'être que de la poésie.

Objets

  • Masse de bronze, manche en cornouiller — son outil de toujours
  • Compas de bâtisseur à six branches, gravé à ses initiales
  • Carnet de croquis aux pages noircies de plans et de courbes
  • Une dalle de pierre bleue qu'il refusait de tailler — "trop belle pour mourir cassée"
  • Une boucle de ceinture en argent fondue par lui-même un soir de pluie

Correspondances

  • Sa bien-aimée

    « Promenade sur les quais où trois arches se reflètent »

  • Margot la Tisserande

    « Ce que je dois te confier ne se dénoue pas »

  • Helios l'Imprimeur

    « Imprime-moi six faits, glisse un mensonge »

  • Félix le Négociant

    « Garde l'œil sur les quais — sans toi, l'eau parle »

  • Isabelle l'Astrologue

    « À minuit du 14 mars, dis-moi ce que tu vois »

Margot la Tisserande

Lyon, 1487

Gardienne des Motifs

Margot la Tisserande

Petite, vive, les mains calleuses de cinquante ans de métier. Son atelier perché sur les pentes de la Croix-Rousse abrite des métiers à tisser que personne n'a touchés depuis trois générations.

« Les hommes croient garder les secrets. Les femmes les tissent. »

Margot vient d'une famille de canuts qui travaillent la soie depuis cinq générations. Elle a appris à tisser avant de savoir lire et préfère encore la première discipline.

Elle dit peu mais voit beaucoup. Elle ne fait confiance qu'à ceux qui savent attendre — "comme la soie attend le ver, comme le ver attend la feuille". Elle tient un compartiment secret dans son métier à tisser le plus ancien, celui qu'elle appelle "le Vieux".

Objets

  • Le métier à tisser "le Vieux", construit en 1421, encore en service
  • Navette en buis sculpté, héritée de sa mère
  • Échantillon de soie pourpre dit "de la nuit", introuvable depuis le XVIe
  • Boîte d'aiguilles d'argent, certaines pliées par l'âge
  • Cahier de motifs reliés cuir, lignes encore visibles

Correspondances

  • Nadir le Tailleur

    « Le métier garde ton parchemin »

  • Isabelle l'Astrologue

    « Demande de prévision pour la récolte de mûriers »

Helios l'Imprimeur

Lyon, 1487

Maître des Caractères

Helios l'Imprimeur

Bègue à la voix, fluide à l'encre. Quand il parle, les mots se bousculent ; quand il imprime, ils marchent en ligne droite. Anxieux, méticuleux, il vérifie chaque lettre trois fois avant de la lâcher.

« Ce qui compte n'est pas ce qu'on dit. C'est l'ordre dans lequel on le dit. »

Helios a hérité d'une presse vieille de cinquante ans, installée dans une cave humide du Vieux Lyon. Il préfère cette cave à la lumière du jour : « L'encre vit dans la pénombre », dit-il.

Il est anxieux, vérifie chaque lettre trois fois, recommence un alignement si une seule lettre semble pencher. Il bégaie quand il parle — pas par défaut mais par excès de précision : il veut être sûr du mot avant de le lâcher.

Il admirait la force tranquille de Nadir, et Nadir appréciait sa précision.

Objets

  • Une presse à caractères mobiles datée de 1437
  • Casse d'imprimerie complète, organisée à sa main
  • Encrier en étain, bouchon perdu depuis 1485
  • Pinces à lettres en cuivre, trois paires
  • Un manuscrit non publié dont personne ne connaît le titre

Correspondances

  • Nadir le Tailleur

    « Les six lignes que tu m'as demandées sont prêtes »

  • Margot la Tisserande

    « Demande d'un motif pour la couverture du livre »

Félix le Négociant

Lyon, 1487

Homme des Quais

Félix le Négociant

Rond, jovial, barbe grisonnante. Il tient une échoppe sur les quais du Rhône depuis cinquante ans et connaît chaque pierre, chaque marche, chaque arche du fleuve.

« Le fleuve emporte tout, sauf ce que les hommes ont vraiment voulu cacher. »

Félix vend des vins, mais son vrai commerce est les histoires. Il connaît tous les bateliers, tous les chargements qui passent. "Sur les quais, on apprend à lire les hommes comme on lit le ciel", dit-il.

Il a fréquenté Nadir des années durant. Nadir ne buvait jamais — Félix le respectait pour ça. Le géant venait s'asseoir, demandait un verre d'eau du puits, et regardait passer le Rhône en silence. Félix a vu Nadir cacher quelque chose près des berges la nuit de sa disparition.

Objets

  • Échoppe en bois sur les quais, peinture écaillée
  • Comptoir de chêne marqué de cinquante ans d'éclats
  • Tonneaux de Beaujolais, Côte-Rôtie, Saint-Joseph
  • Carnet de comptes relié en cuir rouge
  • Une carafe d'eau de puits, toujours pleine pour les passants

Correspondances

  • Nadir le Tailleur

    « Le fleuve t'a vu hier soir — n'aie pas peur »

  • Isabelle l'Astrologue

    « Demande de prévision pour la crue d'automne »

Isabelle l'Astrologue

Lyon, 1487

Lectrice des Étoiles

Isabelle l'Astrologue

L'astrologue qui croit que l'amour véritable laisse une empreinte dans le ciel — et qu'un sentiment assez fort pourrait survivre à ceux qui l'ont éprouvé. Une thèse que personne d'autre n'ose défendre, et qu'elle a passé sa vie à vouloir prouver.

« Les étoiles ne mentent pas. Les hommes qui les lisent, parfois si. »

Issue d'une lignée d'astronomes amateurs qui ont compilé des cartes du ciel sur six siècles, Isabelle calcule plus qu'elle ne contemple. Pour elle, le ciel est un livre, et chaque étoile une lettre.

Sa vraie intention : prouver une thèse que personne d'autre n'ose défendre. Elle pense que l'amour véritable n'est pas une émotion enfermée dans un corps — c'est une empreinte que les astres conservent. Si deux âmes s'aiment assez fort, leur sentiment pourrait, dans certaines configurations stellaires précises, survivre à leurs corps.

La nuit du 14 mars 1487, elle a noté précisément la position des astres au-dessus de Lyon. Cette nuit-là, Nadir a disparu. Depuis, elle attend. Pour vérifier que sa thèse tient vraiment, il lui manque une seule preuve : qu'un amour précis ait laissé une empreinte précise dans un lieu précis.

Objets

  • Un disque rotatif céleste fait main, deux cercles de bois
  • Une lunette astronomique en bronze, primitive mais précise
  • Cinq cents pages de tables d'éphémérides, écrites par sa mère
  • Un cadran solaire portatif gravé sur ardoise
  • Une bougie noire qu'elle n'allume jamais — pour les calculs du jour le plus court

Correspondances

  • Nadir le Tailleur

    « Le 14 mars : ce que j'ai vu cette nuit-là »

  • Margot la Tisserande

    « Récolte de mûriers — pic le 6 juin »

Le Contremaître

Lyon, 1487 — toujours

L'Ombre des Traboules

Le Contremaître

Pas un homme. Un titre, transmis depuis cinq siècles. Une organisation sans nom officiel, dont les membres s'appellent entre eux "la Fraction".

« Les Plans appartiennent à ceux qui savent en user. »

Personne n'a jamais vu le visage du Contremaître. Certains disent qu'il en existe plusieurs ; d'autres qu'il ne s'agit que d'une ombre dont la fonction se transmet de maître à apprenti dans l'obscurité des arrière-cours.

La Fraction contrôle une partie du commerce illicite des traboules de Lyon depuis le XVe siècle. Leur obsession : retrouver les Plans du Silence pour monopoliser tous les passages secrets de la ville.

Objets

  • Un anneau de fer noir gravé d'un seul mot — illisible
  • Une série de lettres falsifiées au nom de plusieurs guildes
  • Une carte partielle des traboules, copiée et incomplète

Correspondances

  • Thelma

    « Plusieurs lettres anonymes interceptées sur la piste »

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